En tant qu’entrepreneur, je me suis souvent demandé si mes comportements étaient dictés par la persévérance ou par l’obstination. Je me vois encore me dire face à une situation quasi-inextricable : est-ce le signal pour opérer un changement profond, voire renoncer ? ou suis-je simplement en face d’une énième épreuve à surmonter sur le chemin de l’accomplissement ?

 

Persévérance

 

On retrouve chez la plupart des entrepreneurs des traits comportementaux communs. Si l’on se penche plus particulièrement sur ceux qui rencontrent le succès, on observe que la persévérance est souvent présente.

 

Quand l’entrepreneur avance sur un projet, il fait face à certains obstacles d’ordre matériel, financier, relationnel, environnemental et se confronte à des freins d’ordre psychologique ou familial. La persévérance est la ressource toute trouvée pour surmonter ces obstacles et ces freins. C’est dire à quel point la persévérance est une qualité.

 

Cette qualité permet, peu importe les aléas, de continuer à avancer en direction de son objectif. La persévérance possède cette forme de sagesse qui fait que l’on ne s’encombre pas de l’impact émotionnel lié aux imprévus et aux petits échecs, mieux encore, c’est la persévérance qui permet de transformer les petits échecs en victoires, celles qui constituent tant d’étapes pour construire notre chemin vers la réussite de ce que l’on entreprend.

 

Nous avons donc d’un côté ce que j’appellerais « l’entrepreneur  idéal », prêt à changer le monde muni de sa ressource favorite, la persévérance, lorsqu’il s’agit de se mettre en mouvement.

 

Obstination 

 

D’un autre côté, Il y à celui qui veut réussir d’une façon précise, fidèle à tout ce qu’il s’est toujours imaginé, qui avance sans faire de compromis parce que c’est ainsi et pas autrement. Dans son esprit, il est en mission, il n’a pas d’autre choix que de réussir, le renoncement n’est pas une option envisageable.

 

Dans cette odyssée vers la réussite, la portée quasi spirituelle de devoir adhérer à une vision unique et immuable peut être soutenue par une ressource insidieuse qui participe à ce que notre système en place ne change pas, à ce qu’il résiste au moindre sursaut de conscience. Cette ressource, c’est l’obstination.

 

Au contraire de la persévérance, l’obstination est rarement sage, elle aveugle plutôt qu’autre chose. Qu’il s’agisse d’échecs ou de victoires, tout a le même goût finalement, l’obstiné avance toujours dans le même sens et dans la même direction sans jamais remettre en question son système. Pas de place au doute, encore moins à l’hésitation, les seuls changements apportés sont de moindre mesure et ne changent pas le système mis en place, au contraire ils l’alimentent.

 

De façon tout à fait paradoxale, l’obstination est une forme de désengagement. C’est comme si on démissionnait de toute action vers une remise en question pour avancer de manière plus adaptée à un environnement complexe.

 

S’adapter à un environnement complexe est, de fait, complexe. Comprenez bien que ce désengagement est une réponse simpliste à la complexité, on sait ce que l’on trouve à ne rien changer. S’il fallait remettre notre modèle en question, nous serions conscients de ce que l’on perdrait mais pas de ce que l’on aurait à gagner, et surtout, ce serait comme reconsidérer l’éventualité de devoir renoncer. L’émotion alors associée à l’idée du changement serait « la peur », celle que l’on vit face à l’incertitude, celle liée au néant, la peur du vide en somme.

 

Comportements

 

Alors, quels comportements suit le persévérant face à la crise ?

L’entrepreneur persévérant a une tendance pragmatique, il trouve une autre façon d’avancer lorsqu’il est bloqué, il n’y a que des contretemps et des opportunités à saisir, les aléas de la crise sont des problèmes à résoudre, qu’il traite les uns après les autres, avant qu’ils ne deviennent des difficultés. Il digère rapidement la charge émotionnelle provoquée par l’inattendu, il ressent peu la peur.

 

« L’angoisse de l’entrepreneur persévérant est l’immobilisme. »

 

Et quels comportements suit l’obstiné face à la crise ?

L’obstiné aura plutôt tendance à engager tout le monde à serrer les dents et à avancer en force avec toujours plus de la même façon de faire. Il travaille à l’usure, c’est un travailleur acharné. Il y a quelque chose de destructeur chez lui, la fin justifie les moyens.

 

« L’angoisse de l’entrepreneur obstiné est d’avoir tort, il redoute l’échec de son parti pris. »

 

Malgré l’orientation de cet article dans lequel la persévérance est décrite comme étant une qualité, l’obstination n’en est pas pour autant un défaut, tout du moins pas toujours. L’entrepreneur obstiné a une telle puissance que ses réussites sont souvent notables voire démesurées. Des révolutions sociales, philosophiques, économiques ou technologiques ont vu le jour grâce à des entrepreneurs obstinés. Chez lui, il y a une part de folie, d’absurdité, mais aussi et surtout il y a une vision, que les autres n’ont pas, il ne va là où aucun autre n’ose ou n’imagine aller. Mais les révolutionnaires sont rares et les obstinés sont légion.

 

Il est de bons sens de se poser régulièrement la question : suis-je en train de persévérer ou de m’obstiner ? en ayant conscience que l’obstination mène plus souvent à l’échec qu’à la réussite.

 

Alors qui êtes-vous ?

 

Il s’agit de savoir quel entrepreneur vous êtes, et quels comportements sont les plus adaptés à vos objectifs, la réussite est promise à 2 familles :

Faites-vous partie de cette famille rare des « obstinés révolutionnaires », ou êtes-vous un « entrepreneur idéal » ?

Leave a Reply

Your email address will not be published.