Un biais cognitif est un fonctionnement systématique et inconscient de la pensée, qui nous écarte d’un raisonnement logico-pratique. En psychologie le biais cognitif est différent de l’erreur de raisonnement de part sa tendance à se répéter dans des circonstances bien précises. Son action nous amène à analyser une situation de façon à ce que celle-ci soit adaptée à notre vision de la réalité et à nos croyances. Sorte de mécanisme de défense contre une pensée susceptible de remettre notre paradigme en question, le biais cognitif nous permet de vivre dans une illusion de cohérence. En systémique, on parlerait d’attribut de l’homéostasie.

Aujourd’hui on en dénombre plusieurs dizaines (plus de 70), dont les caractéristiques communes sont : l’involontarité (=spontané), l’imperceptibilité (=inconscient) et l’inconformité (=non-conforme à tout raisonnement logique).

Les biais cognitifs sont utilisé en marketing, par les publicistes, ainsi que les médias à chaque fois comme stratégie pour toucher un maximum d’audience.

Olivier SIBONY dans son intervention à HEC fait l’étude des biais cognitifs dont nous avons fait l’objet lors de la crise du COVID-19 :

Biais de surestimation des probabilités : On réagi par rapport au pire même si les probabilités sont les plus faibles (sur-réaction par rapport aux risques)

Biais de modèle mental : Dire du COVID que c’est une grippe, c’est dire « on sait ce à quoi on a affaire, on sait comment réagir ». Comparer à quelque chose de connu : COVID et SRAS 

Biais de croissance exponentiel : La croissance du COVID était exponentielle dès le début, mais on ne l’accepte que lorsque les chiffres deviennent important. Nous n’avons pas conscience du résultat d’un phénomène exponentiel, c’est contre-intuitif.

Biais d’endogroupe et d’exogroupe : Partir du principe que les autres ce n’est pas nous, et que ce qui peut arriver aux autres ne peut nous arriver. 

Biais d’excès de confiance (sur-precision) : Notre marge d’erreur dans nos prévisions est extrêmement faible.

Biais d’imitation : Je salis une plage sale, je ne salis pas une plage propre.

Biais de sur-impatience irrationnelle : On ne tient pas compte des délais incompressibles, on veut une action plus forte avant même de savoir si la première action porte ses fruits.

Biais de l’illusion de concentration : Les médias sont focalisés sur la crise sanitaire, donc le plus important devient la crise sanitaire peu importe la crise économique.

Biais de confirmation : Utiliser les événements pour affirmer ses croyances. En cas d’ambiguïté, nous avons une forte capacité à sélectionner les informations qui vont renforcer nos convictions…

Biais rétrospectif“Je le savais depuis le début” quand la situation évolue différemment de ses prévisions de départ et que ce qui paraissait impossible se réalise.

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